1970-1982
Une multinationale "à la française"
Les années 1960-1970 ont été celles de mutations profondes de la société française en général et des secteurs de l'économie en particulier. Les grandes industries sont à la recherche de la taille critique dans un contexte nouveau de "guerre économique mondiale".
Une fusion porteuse d'avenir
La fusion qui intervient en 1970 entre Saint-Gobain et Pont-à-Mousson passe aujourd'hui, avec le recul, pour un événement typique des restructurations qui ont affecté alors, la grande industrie française. Elle s'est aussi révélée pérenne, à la différence d'autres tentatives.
Signe d'une adaptation parallèle des stratégies, le rapprochement entre les deux longues histoires de Saint-Gobain et de Pont-à-Mousson a d'abord offert des solutions aux interrogations latentes des deux groupes, lesquels se désengagent de certains de leurs métiers (chimie, sidérurgie). Placé, déjà, sous le signe fédérateur du concept d'Habitat, le nouvel ensemble réunit des métiers ayant pour trait commun la production des biens intermédiaires fondée sur des process durables mais perfectibles. Verre, fonte, pose de chantiers, emballage forment ainsi une offre orientée plus par marchés que par culture de métiers. Ces derniers ont pour caractéristique commune d'être très capitalistiques. C'est le noyau fondateur dont sortiront les développements ultérieurs.
Un scénario contrarié par les crises
Le projet initial de la fusion se heurte vite en effet à un certain nombre de défis et de crises qui vont infléchir son parcours. La crise économique mondiale qui va sévir à deux reprises par conséquence des deux chocs pétroliers successifs contrarie les visions stratégiques initiales. Les métiers fondamentaux du groupe sont frappés de stagnation qui affecte à la fois leur croissance et leur rentabilité. Une première réponse est apportée avec la recherche d'un nouvel équilibre du portefeuille, orientée vers des secteurs au développement potentiel prometteur. Parmi d'autres possibilités, le choix est fait d'une diversification majeure : l'acquisition de la majorité du groupe Bull, pour ébaucher la construction d'un futur « IBM européen », grâce à un amont dans les composants électroniques et un aval dans la bureautique.


