Mieux capter la lumière du jour Maîtriser la lumière intérieure, pour mieux vivre sa maison

Patrick Busalb est Chef Déco et Design au sein du groupe Saint-Gobain, spécialiste de l’apport en lumière et de son impact, il nous évoque les enjeux d'une maison plus lumineuse qui sait allier lumière naturelle et lumière artificielle pour le bien-être de chacun.

Patrick Busalb, Chef Déco et Design - Saint-Gobain

 

De plus en plus, on nous parle de lumière comme élément contribuant au bien être chez soi. Est-ce un phénomène de mode ou une réalité ?

La lumière du jour constitue une source inépuisable de bienfaits ! De tout temps, et instinctivement l’homme a su et a compris que la lumière était essentielle et source de bien-être. Récemment, le prix Nobel 2017 a même été décerné à Michael Rosbash, Jeffrey C. Hall et Michael W. Young, trois chercheurs américains, pour leurs travaux démontrant l’importance des rythmes circadiens, autrement dit les rythmes de la journée, et l’influence de la lumière sur ceux-ci. Leurs découvertes confirment l’impact de notre horloge biologique sur notre physiologie : régulation de l’humeur, de la mémoire, du sommeil et plus encore. Voilà qui confirme que les bienfaits de la lumière sont une évidence et qu'il ne s'agit pas d'une mode.

Ces apports de lumière ne guérissent tout de même pas de tous les maux de la terre. Quels sont les vrais domaines d’influence ?

Ils sont nombreux ! En vrac, on peut citer :                                                     

  • L’horloge interne : le fonctionnement de l’organisme, que ce soit la sécrétion d’hormones, le sommeil, la régulation de notre température corporelle, et bien, tout ceci est calé sur le cycle d’une journée, soit dans la réalité plus ou moins 24 heures. C’est le rythme biologique.                                                                                                                                           
  • La facilité à apprendre : par son action sur l’éveil  et sur les processus mentaux, la lumière favorise la démarche d’apprentissage.         
  • L’amélioration  du moral et la baisse du stress : la lumière agit sur la création de sérotonine et de dopamine, et agit donc sur le moral. C’est ainsi qu'est née la luminothérapie.                                                                                                     
  • La qualité du sommeil : la lumière pénètre par les yeux qui envoient un signal au cerveau. Or c'est le cerveau qui provoque la sécrètion de mélatonine qui favorise l’endormissement. Si celui-ci n'est plus stimulé par la lumière, grâce à une bonne occultation avant le coucher, le sommeil n'en est que meilleur.
  • La réduction notoire de l’hyperactivité : selon une étude, certains cas d'hyperactivité s'expliquerait par une déficience du niveau de lumière. Une exposition quotidienne diminue significativement ce dysfonctionnement.                                                                    
  • Le traitement des maladies de peau : par photothérapie, et sous contrôle médical, on sait que le psoriasis ou l’eczéma peuvent évoluer très favorablement en début de traitement.

Selon d'autres recherches, la lumière aurait aussi une influence sur la longévité, la prise de poids, sur les os et jouerait également un rôle dans la rémission de certains cancers. Je n'invente rien. Regardez en hiver quand on manque de lumière pendant près de 4 mois. Chacun mesure, à ce moment, combien cette lumière nous est précieuse.

Dès lors, que peut-on faire chez soi, simplement, pour transformer son habitat en « havre » de lumière ?

Il faut laisser entrer la lumière naturelle  et optimiser la lumière artificielle. En premier lieu, il convient de tout mettre en œuvre pour laisser pénétrer ce cadeau que nous offre le soleil. En commençant par les extérieurs de l'habitat avec  les murs d’enceintes qui peuvent être agrémentés de parties à claire-voie. Une terrasse, un balcon, sont agréables mais sont aussi souvent des « pièges » à lumière. Equipés de garde-corps maximisant la transparence, ou équipés de dalles de sol en verre, on préserve l'apport de la lumière naturelle.

A  l’intérieur, il faut penser ou repenser les apports gratuits de lumière (et d’énergie par la même occasion). La porte, bien sûr, est un premier rempart à cette luminosité qu’on voudrait faire entrer. Historiquement, le sud de l’Europe, et la France, ont vu l’installation de portes pleines, souvent pour se protéger des excès de chaleur et des intrusions, alors que dans le Nord de cette Europe, on bâtissait plus avec des portes vitrées ou munies d’impostes. Ce n’est pas un hasard, on voulait cette lumière et ce soleil.  Aujourd’hui,  les matériaux sont devenus très performants et très isolants, il ne faut donc plus hésiter à intégrer des surfaces vitrées dans ces portes. Grâce aux propriétés des matériaux, ces portes demeurent, en plus, aussi résistantes aux effractions que bien des portes pleines. Sans compter que les performances acoustiques de ses portes sont impressionnantes.

Après viennent les fenêtres….  "Vitrer large" est devenu un leitmotiv. Les fabricants jonglent avec les apports solaires nécessaires, les protections indispensables à ces trop pleins possibles de chaleurs, et les transmissions lumineuses.  Des vitrages qui s’encrassent de moins en moins, et des vitrages exceptionnellement transparents qui peuvent compenser jusqu’à 11% de perte de ce clair de vitrage. On peut aussi récupérer la surface des murs destinés à recevoir des radiateurs en intégrant des vitrages chauffants qui se transforment en chauffage rayonnant. Il ne faut pas oublier non plus toutes les fenêtres de toit possibles, les apports de lumière zénithale sont fondamentaux. C’est grâce à elles qu’on se réapproprie aujourd’hui les surfaces perdues dans les combles. Mettons-nous en tête, comme un réflexe, que chaque ouverture peut se révéler comme une source précieuse de lumière pour la maison. Or chaque lux gratuit qui rentre est une économie d’énergie potentielle évidente et donc un geste éco-responsable.

Maintenant que toute la lumière est entrée dans la maison il ne s’agit pas de la bloquer, il faut profiter de ces bienfaits. En fait, de la même façon que nous avons traité l’enveloppe extérieure de la maison, il va s’agir de laisser « courir » ce flux au maximum, mais là on peut aussi la canaliser, la dériver, bref la domestiquer un peu. La première pensée est bien entendu, de remplacer des portes pleines, lorsque cela est possible par des portes plus transparentes ou plus translucides. On peut, de la même façon, agrandir les surfaces, faire disparaitre quelques cloisons. Nous sommes là typiquement dans l’exemple du concept de la suite parentale, où plusieurs espaces de vie se trouvent réunis. La lumière circule, elle n’est plus arrêtée.  Il est possible aussi de remplacer des cloisons existantes par des cloisons qui, transparentes ou translucides transmettrons cette luminosité si précieuse.

En outre, on peut aussi travailler la réflexion et la redirection de la lumière. Notre maître, en la matière, demeure Louis XIV, le roi « Soleil ». En confiant la création d’une Galerie des Glaces, à Saint-Gobain - et oui déjà, à l'époque, Saint-Gobain devenait pionnier en la matière et créait cette incroyable pièce devenue intemporelle et universelle - Louis XIV a montré la capacité des verres réfléchissants à agrandir une pièce, et surtout à démultiplier la lumière naturelle ou artificielle.

 

Si vous deviez conclure que pourriez-vous dire ?

Je voudrais ré-insister sur une chose que je juge fondamentale : que cela soit pour un projet en neuf,  ou pour un projet de rénovation, il ne faut jamais négliger l’approche « lumière ». On parle de santé, de joie de vivre et de bien-être pour toute la famille, cela mérite de s’y pencher sérieusement…

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