Une nécessité vitale : la qualité de l'air intérieur

Claire-Sophie Coeudevez, Directrice Associée chez Medeco

Claire-Sophie Coeudevez est Directrice Associée chez Medeco, elle nous parle de la qualité de l'air en intérieur, trop souvent méprisée au profit de la qualité de l'air extérieur.

 

Quelles sont les problématiques actuelles concernant la qualité de l’air intérieur ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon une étude faite en 2014 sur les coûts socio-économiques, une mauvaise qualité de l’air intérieur coûte plus de 19 milliards d’euros à la collectivité, dont 73% sont imputables aux particules fines. L’idée ici n’est pas d’être alarmiste. A partir du moment où on évoque les problématiques actuelles, on aborde déjà les solutions. En outre, dans les nouvelles constructions, des solutions sont aujourd’hui mises en place. Mais au-delà de l’air intérieur, c’est aussi l’air extérieur ou les polluants des sols qui s’invitent à l’intérieur, comme le radon par exemple. Après avoir évalué l’impact de l’environnement extérieur, on peut se concentrer sur l’intérieur.

Les activités des occupants sont un point essentiel pour la qualité de l’air intérieur mais restent parfois difficile à maîtriser. Par exemple un poêle à bois ou un poêle à granules dégradent beaucoup l’air intérieur. L’ameublement joue également un rôle important. Les meubles en bois à bas prix sont malheureusement souvent constitués de panneaux de particules. Ce n’est pas le bois qui pose problème mais la colle utilisée par exemple. De plus, on a beaucoup de mal à obtenir des informations. Tant que le fabricant n’aura pas l’obligation d’informer le consommateur, on reste dans un flou total. Heureusement il y a des précurseurs qui se sont lancés dans l’éco-responsable, c’est même devenu leur force. Les produits d’entretien sont eux aussi une source nocive. Le problème c’est que nous baignons dans un marketing olfactif, on nous vend de l’odeur en permanence. « Sentir le propre » ça ne veut rien dire. On a oublié que le propre n’a pas d’odeur ! Nous faisons face à un vrai problème culturel.

Percevez-vous une prise de conscience des pouvoirs publics ? Des particuliers ?

De façon globale oui. La principale prise de conscience se porte désormais sur le fait que l’air intérieur est souvent plus pollué que l’air extérieur. Évidemment tout dépend de la localisation, si on est à côté d’un périphérique c’est moins vrai. En ce qui concerne les pouvoirs publics, de nouvelles réglementations sont apparues, suite à la publication de la loi Grenelle 2. Des actions sont actuellement mises en place et nous sommes, sur certains sujets, en avance par rapport au reste de l’Europe. L’étiquetage obligatoire des produits de construction n’est pas encore parfait mais il a le mérite d’exister, notamment pour informer sur les émissions de COV, les composés organiques volatils. Le gouvernement essaye de prendre en main le problème. Par exemple depuis le 1er janvier 2018, il y a désormais obligation pour les gestionnaires d’établissements accueillants les enfants de mettre en place la surveillance de la qualité de l’air intérieur. La première échéance concerne les crèches, les écoles primaires et élémentaires. Cela représente beaucoup d’établissements !

La première étape est une évaluation obligatoire des moyens d’aération : vérifier qu’il y a non seulement des fenêtres mais qu’elles s’ouvrent, que la ventilation et les bouches d’aération sont en état de bonne marche. Les collectivités et gestionnaires de ce type de bâtiment peuvent également choisir de mettre en place le guide pratique pour une meilleure qualité de l’air disponible sur le site du ministère. Celui-ci s’intéresse aux produits d’entretien utilisés de la part du personnel, à la maintenance des équipements et tente d’identifier les points d’amélioration de la qualité de l’air pour chaque établissement. L’autre option est d’effectuer une campagne de mesures par un organisme accrédité COFRAC. Les résultats de campagne de mesures sont ensuite affichés à l’intention des parents. Cela permet une véritable sensibilisation.

Au niveau du particulier, la prise de conscience est assez hétérogène. La plus grosse prise de conscience vient d’ailleurs des parents de jeunes enfants. Il est vrai qu’on s’intéresse davantage à la santé de ses proches, plus qu’à la nôtre, surtout lorsqu’il s’agit de ses propres enfants. Les enfants sont souvent un élément déclencheur pour s’intéresser à ce sujet. Il faut dire qu’avec les nombreux problèmes respiratoires détectés chez les enfants, il est normal que les parents soient le public le plus conscient.

Après, on retrouve les personnes déjà bien sensibilisées à cette thématique de par leurs intérêts ou leur profession. Enfin, certaines personnes se penchent sur le sujet après avoir développé divers symptômes dont l’origine peut être l’exposition à une mauvaise qualité de l’air intérieur. Mais de façon générale, la demande n’est pas encore assez développée. Cela vient aussi du fait qu’on communique davantage sur l’environnement extérieur et moins sur l’intérieur. On constate quand même une meilleure prise de conscience du fait aussi de la médiatisation du sujet. Il y a des campagnes de sensibilisation et des émissions grand public qui évoquent ce sujet.

Il reste cependant encore beaucoup de chemin entre prise de conscience et passage à l’acte.

 

Aérer est un geste essentiel.

 

Quelles sont les mesures à prendre en tant que particulier ?

La clé, c’est le renouvellement de l’air grâce à l’ouverture quotidienne des fenêtres, et de façon complémentaire, l’installation d’un système de ventilation mécanique qui permet d’évacuer l’air vicié. Il faut juste s’assurer que ce dernier fonctionne bien et est entretenu. Pour les personnes qui n’ont pas de VMC, il faut ouvrir ses fenêtres matin et soir, et si on habite en ville choisir des heures de moindre circulation. C’est très important de le faire le matin, car lorsque l’on dort on relâche beaucoup de CO2. De plus le fait d’ouvrir ses fenêtres permet aussi d’évacuer la vapeur d’eau, ce qui réduit l’humidité dans l’habitation. Aérer est un geste essentiel. On aura toujours des polluants à l’intérieur, par le fait même de notre présence, le tout c’est de bien évacuer ces polluants.

Ces derniers temps, comme je le disais, le marketing olfactif nous assaille de produits d’ambiance, de bougies qui sentent bon, de diffuseur d’huiles essentielles. Mais c’est une très mauvaise habitude. Brûler un bâton d’encens de temps en temps pourquoi pas, toute la journée c’est nocif. Il faut savoir que tout ce qui est combustion est la source de pollution numéro 1 à l’intérieur des bâtiments. Les polluants émis sont plus ou moins nocifs. Au début le gouvernement avait envisagé de les interdire, il a finalement décidé d’y apposer un logo qui mentionne de bien aérer. La présence de fenêtre dans les sanitaires évite d’utiliser trop de produits parfumés. Certes, ils diffusent des odeurs agréables mais souvent irritantes. 

Il en va de même pour les produits d’entretien. Mon conseil serait de ne pas les multiplier, d’utiliser des produits écolabellisés et de ne pas hésiter à privilégier nos bons remèdes de grand-mère. Par exemple en ce qui concerne les produits pour laver les vitres, non seulement ils contiennent des substances dangereuses mais le fait de les pulvériser augmente notre exposition, alors que du simple produit de vaisselle fonctionne tout aussi bien. Notre société vend du « bien-être », autrefois le « bien-être » était destiné à la santé, alors qu’aujourd’hui ce terme est galvaudé et est désormais relatif au matériel.

En outre, nous avons une propension inutile à tout vouloir désinfecter, mais un carrelage a besoin d’être lavé, pas désinfecté. Si notre corps n’est plus confronté aux bactéries, car tout est constamment désinfecté, il ne construit pas son immunité. On impute beaucoup aux professionnels du bâtiment, mais l’occupant a aussi un rôle à jouer pour préserver l’air intérieur.Comme nous respirons de façon inconsciente, on ne se rend pas compte de l’éventuel impact sanitaire des polluants que nous inhalons.

 

Une prise de conscience sur les enjeux sanitaires de l’air intérieur est en cours. Il est désormais nécessaire d’enclencher le passage à l’acte pour vivre avec un air de meilleure qualité.

La qualité de l'air intérieur
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